Objet spécial - Protokollbuch Verein fur die Interessen der Frau page 45
Le socle de la création d’une association féminine luxembourgeoise a été posé le jour même après la conférence de Käthe Schirmacher. Créer une association féminine au début du XXᵉ siècle n’était pas simple : les femmes étaient légalement considérées comme « incapables » et restaient sous l’autorité de leur père ou de leur mari. Elles devaient donc chercher un appui masculin, et leur choix s’est porté sur Anton Hirsch, directeur de l’école des arts et métiers. (S. 80)
Lors de la première réunion de l’association, un comité exécutif fut élu, et Aline Mayrisch fut choisie comme deuxième présidente. Anton Hirsch fut nommé conseiller. L’association reçut d’abord le nom de « Frauenwohl », qui fut ensuite changé en « Verein für die Interessen der Frauen ». (S. 80 81)
Mayrisch justifia la nécessité de cette association par l’évolution économique et sociale générale. (S. 81) Le 14 janvier 1906, la première assemblée générale eut lieu, et Mayrisch fut élue présidente de l’association. Environ 100 femmes étaient présentes, et 58 d’entre elles s’inscrivirent immédiatement. (S. 82 83)
Concernant l’origine sociale des membres, l’association était ouverte à toutes les classes sociales, mais une grande partie venait de la bourgeoisie libérale, ce qui valut à l’association le surnom ironique de « das Schoßkindchen unserer Liberalen ». Dans les mois suivants, de plus en plus de femmes rejoignirent l’association. Même des hommes devinrent membres. Aline Mayrisch fut la première présidente et, par son action, créa un véritable novum. (S. 82)
Jusqu’à la Première Guerre mondiale, l’association eut une influence majeure sur le rôle des femmes au Luxembourg. (S. 83 ff.)
Elle avait trois missions principales:
L’activité professionnelle des femmes
La question sociale des femmes
L’éducation des femmes
L’association mit également en œuvre de nombreuses actions concrètes:
Bureau d’information sur les professions féminines
Bureau de placement
Service de protection juridique
Elle œuvrait aussi pour la reconnaissance morale et matérielle du travail des femmes, par exemple en demandant que les enseignantes touchent le même salaire que leurs collègues masculins. (S. 85)